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Khaled Al-Khani, un peintre qui fait verser beaucoup d’encre dernièrement.

Khaled Al-Khani, un artiste syrien, enfant, il perd son père sauvagement tué lors du massacre de Hama en février 1982. Par la suite, sa mère remarque sa passion pour le dessin et l’encourage à poursuivre ce domaine. Adolescent, il commence à visiter l’atelier de Sohail Alahdab, où il apprend diverses techniques picturales et modelage de l’argile. Après l’école, il s’installe à Damas pour poursuivre des études à l’université  des Beaux-Arts. Etudiant, il commence à vendre immédiatement ses tableaux pour payer ses frais. En 1998, il obtient son diplôme de peinture et en 2000 il obtient sa maîtrise.

La galerie de Damas Naseer Shura reçoit les trois premières expositions de Khaled al-Khani, en 1999, 2000 et 2001. Sa présentation à la sccne artistique arabe débute au Koweït, où il présente sa première exposition au Musée de Baytlothan en 2001, suivie d’une autre exposition l’année suivante à la Galerie Boushahri. Des expositions individuelles ont lieu à Dubaï, en Jordanie et au Liban.

Trois mois après le soulèvement populaire, Khaled al-Khani est contraint de fuir son pays. Il est recherché pour son rôle dans les manifestations populaires à Damas contre le président Bachar el-Assad et pour avoir publié une série d’articles dénonçant le massacre de Hama en 1982, sujet tabou depuis de nombreuses années dans l’histoire de la Syrie. Il arrive à Paris en juin 2011, où il attend un an avant de reprendre son travail.

A étudier  l’œuvre de Khaled al-Khani, on retrouve un développement similaire aux œuvres de nombreux artistes du mouvement expressionniste allemand commençant avant la période de la Première Guerre mondiale ; les souvenirs du conflit syrien ont une profonde influence sur son travail. Concernant sa représentation d’Um Ibrahim, il dit : « On pourrait se demander pourquoi je dessine Um Ibrahim comme une jolie femme. Dans mon esprit, je me souviens de l’image de la vieille femme Um Ibrahim qui s’est opposée aux tueurs en 1982. Je la vois comme une image, dans un endroit plus élevé, qu’il faut peindre. En fait, ma peinture est étroitement liée à mes souvenirs d’enfance, ce dont j’ai été témoin au quotidien, les souvenirs du massacre de Hama. Je crois que, dans mon processus artistique, ces souvenirs bien ancrés sont visibles dans mes peintures et la femme est la personne la plus essentielle puisqu’elle est l’héroïne de mes peintures. »

La couleur dominante à ses débuts est le marron, et l’esthétique utilise des effets de contre-jour. Alors que ses  peintures de fin 2010 montrent une différence par rapport aux travaux précédents, les couleurs devenant plus vives, bien que les sujets du tableau semblent suivre un fil narratif, comme si chaque tableau était un moment fixe dans un long roman : horrifié par la violence déchaînée dans son pays, une imagerie très violente émerge dans sa peinture, représentant des figures déformées, des visages défigurés et des masses agitées.

Le presque rien d’un visage cerne l’impact d’un envoûtant chaos chromatique brûlant de mort-vie, quand tous les dehors du monde ont disparu.

Khaled Alkhani, venu il y a peu d’une Syrie broyée, ne craint pas la tache qui blesse l’espace. Il invente un puissant tumulte d’où émerge une tête sublime et fragile. Fine, forte, dominante, et cependant repliée sur elle-même. Tête de ciel opaque sur une terre dévastée, avec un air de madone abandonnée. Tête unique comme une île de chair. Il apprivoise durement l’impensable. Il traque les fins de la création, et ses corps-univers sont des corps d’humanité, des corps de destin. Ils sont âpre et pure peinture née de gestes fluides et de flamboyantes couleurs qui s’affrontent. On y voit des jetées de corps aux effets de sillage perdu, et de somptueuses calligraphies charnelles, quand lartiste-magicien libère les énergies qui s’agitent au fond des nappes du dedans. Le rouge, âpre et cru, domine des valeurs violacées violeuses de ténèbres, en saisissant contraste avec des teintes mates, pudiques et douces, qui apaisent l’étendue.

Chez Khaled Alkhani, la toile et le vide respirent ensemble. La part sombre hurle à la vie tout en préservant le chaos d’origine de l’incarcération corporelle. Violence créatrice et sérénité s’étreignent.

Enregistreur avide et artiste accompli, Khaled Alkhani n’illustre jamais. Œuvre vive à deux vitesses : impact de l’instant sous le déferlement des gestes, des couleurs et des instincts, et lourdes alluvions émotionnelles, dans la durée qui laisse des traces. Le corps disloqué et meurtri, victime d’un monde mortifère, par exorcisme réactif, rejette ce qui disloque et qui tue. L’expressionnisme contemporain de Khaled Alkhani conjure les mauvaises mémoires. Son art majestueux dit la vie infinie qui résiste infiniment, et sa peinture éblouit l’étendue.

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