
Un Voyageur de la Mémoire Cinématographique.
Né loin des vallées sacrées mais portant en lui la blessure indélébile d’une patrie absente, Rakan Mayasi contemple le monde à travers le prisme de l’exil. Son parcours artistique s’apparente à une quête spirituelle où la caméra devient l’outil ultime de réparation de l’âme blessée. Formé à l’école des grands maîtres, il a su transformer le souvenir douloureux de ses ancêtres en une poésie visuelle poignante, un écho des ombres et le murmure de la terre perdue.
Chaque court métrage sculpté dans le passé préparait doucement le terrain pour cette grande œuvre révélatrice qui touche le cœur. C’est dans ce cheminement empreint de nostalgie et de vérité brute qu’a germé la nécessité absolue d’un premier long métrage. Cette œuvre majeure, intitulée Hier l’œil n’a pas fermé, s’impose aujourd’hui comme le point d’orgue de cet itinéraire fascinant.
La Mémoire Brûlante de la Vallée de la Békaa et l’écho des ombres bédouines.

Au cœur d’une vallée embrumée où les traditions ancestrales étouffent parfois les cris discrets des êtres, le film déploie sa beauté tragique. Les bédouins y préservent un mode de vie séculaire, gardiens malgré eux d’un monde où le temps semble s’être arrêté définitivement. Entre ces paysages sauvages et ces tentes battues par le vent, la caméra capte la mélancolie profonde des âmes déchirées.
La communauté s’accroche passionnément à ses rituels sacrés, mais ces règles immuables finissent par enfermer les destinées dans la souffrance. Le récit devient alors le miroir fidèle d’une terre qui pleure silencieusement ses enfants perdus au fil des générations. À travers ce portrait sans concession, le cinéaste réussit le tour de force d’immortaliser la mémoire vivante d’un peuple fier.
La Justice Céleste et la Souffrance des Mères.

Au sein de ce monde patriarcal implacable, les femmes supportent dans le silence le plus total un poids résolument injuste. Pourtant, le Prophète et le Saint Coran ont accordé une dignité fondamentale et sacrée à la femme dans toute communauté. La foi musulmane exige le respect absolu de la mère, matrice bienveillante de la vie et véritable pilier du foyer.
Imposer une injustice à ces femmes bédouines revient donc à trahir les préceptes sacrés de l’amour et de la compassion. Une mère blessée dans sa chair et son esprit transmet inévitablement sa douleur et son amertume à ses enfants. En redonnant une voix à ces héroïnes oubliées, le film nous rappelle magnifiquement que préserver la femme c’est sauver l’avenir.

