En compétition à Berlin, Someday, a Child : le Liban en lumière à la 76e Berlinale.
En compétition à Berlin et à l’ouverture de la 76e édition du Festival international du film , la présence libanaise brille d’un éclat rare et précieux. Parmi les œuvres sélectionnées, un titre attire particulièrement l’attention. C’est le court-métrage : Someday, a Child (Yawman Ma Walad / Un Jour, Un Enfant), de la réalisatrice Marie-Rose Osta. Un unique film libanais retenu en compétition officielle. Une consécration qui place le Liban sous les projecteurs d’un des festivals les plus prestigieux au monde.

D’une durée de 27 minutes, cette fiction sensible et magnétique nous plonge dans un village libanais où les avions de guerre font partie du paysage sonore quotidien. Au cœur du récit, un garçon de 11 ans. Il est doté d’un pouvoir inexplicable et vit avec son oncle, interprété par Antoine Daher. Tandis que l’adulte tente de normaliser l’enfant, ce dernier expérimente en secret une capacité qu’il ne maîtrise pas. Lorsqu’il provoque accidentellement la chute de deux avions, le basculement devient inévitable : ce qui était enfoui éclate au grand jour.
Mais Someday, a Child dépasse le simple récit fantastique. Inspiré de souvenirs intimes de la réalisatrice, le film explore la collision entre l’imaginaire enfantin et la brutalité du réel. Osta puise dans sa propre mémoire. Une maison inachevée dans le nord du Liban, les échos de la guerre de juillet 2006 construisent son œuvre où le son, le silence et l’espace deviennent des personnages à part entière. L’image au format 4:3, presque intime, renforce cette sensation d’enfermement et de tension intérieure.
Marie-Rose Osta, seule voix libanaise en compétition officielle.

Produit par Les Flâneurs Films et coproduit par Anchor Films, le court-métrage est une coproduction France–Roumanie–Liban. Symbole d’un cinéma libanais, elle s’internationalise sans perdre son âme. La première mondiale à Berlin marque une étape décisive dans le parcours de la cinéaste. Qui, est déjà remarquée pour Then Came Dark, primé au Festival international du film du Caire.
Au-delà de la compétition officielle, plusieurs talents libanais participent également aux sections parallèles de la Berlinale, confirmant la vitalité d’une scène artistique qui refuse de se taire malgré les crises successives.
Dans le glamour feutré de Berlin, entre tapis rouges et projections feutrées, le Liban raconte encore ses histoires. Des histoires d’enfance, de mémoire et de résistance. Et à travers le regard habité de Marie-Rose Osta, c’est toute une génération qui murmure — parfois crie — son besoin de liberté.
