L’ombre du carburant sur l’effondrement silencieux, profond et tragique de notre patrie meurtrie.
La décision récente, soudaine et foncièrement funeste du pouvoir dans notre Liban martyrisé d’imposer une taxe suffocante sur les carburants a brisé le dernier équilibre fragile. Cette mesure fiscale brutale a immédiatement provoqué une immense onde de choc destructrice à travers toute la structure fragile des marchés nationaux.

Même le pain quotidien absolument essentiel à la survie des plus humbles, subit de plein fouet cette terrible inflation galopante. Le gouvernement a cyniquement justifié ce pillage institutionnel en prétendant vouloir financer la survie des anciens vétérans honorables de l’armée.
L’illusion trompeuse des promesses vides et la réalité amère des privilèges institutionnels maintenus d’un Liban martyrisé.
Selon les discours officiels répétés inlassablement en boucle, une partie substantielle de cette manne financière devait honorer les sacrifices des vaillants défenseurs. Cela concernait directement les forces armées, la police nationale et les gendarmes meurtris par la dévaluation constante de leur solde.
Une autre part devait également apaiser la colère des fonctionnaires réclamant une hausse pour traverser cette tempête monétaire actuelle. Pourtant, ces employés de l’État perçoivent déjà des revenus globalement plus cléments que ceux du secteur privé totalement agonisant.
L’évaporation mystérieuse des deniers publics et le gouffre profond de ce silence assourdissant.
Malheureusement, l’argent lourdement prélevé sur le dos du peuple s’est évaporé dans les méandres obscurs d’un système corrompu sans traces. Face à ce vol institutionnalisé perpétré au grand jour, aucun haut responsable n’a jamais esquissé le moindre geste correcteur.

Cette résignation actuelle contraste cruellement avec la flambée de dignité civique qui avait embrasé le pays entier en octobre 2019. Les citoyens avaient alors massivement bloqué chaque route pour une simple taxe dérisoire sur la messagerie WhatsApp.
La mémoire violemment trahie face au silence complice de toute une population d’un Liban martyrisé.
L’histoire récente rappelle que six centimes à peine suffisaient autrefois à soulever une marée humaine assoiffée de rédemption. Aujourd’hui, la vie quotidienne est littéralement terrassée par une hausse vertigineuse des prix dépassant les cinquante pour cent.
Pourtant, un silence de mort pèse désormais sur les consciences et la population subit sans broncher ce nouveau coup fatal infligé par l’État. Une immense partie des Libanais s’enfonçait déjà très lentement dans les abîmes ténébreux d’un appauvrissement chronique insupportable.
L’abîme insondable et sans fin d’une pauvreté devenue à présent totalement insoutenable.

Cette politique gouvernementale foncièrement irresponsable orchestre méthodiquement la descente inévitable de toute une nation vers la misère la plus noire et absolue. Les citoyens ordinaires portent désormais seuls la croix lourde et douloureuse de cette agonie économique perpétuelle et sans issue.
L’horizon du pays s’efface chaque jour dans une brume épaisse où les repères moraux et sociaux volent définitivement en éclats sous le poids. Ce silence lourd et résigné du peuple trahi résonne tristement comme l’ultime soupir d’une civilisation entière en train de s’éteindre.
