Ma bataille contre la bursite.

Tout a commencé par une simple gêne à l’épaule que ma sœur a d’abord ignorée avant que la douleur ne devienne insupportable. Ce que nous avons découvert s’appelle la bursite, une inflammation invisible qui transforme chaq la bursiteue petit geste du quotidien en calvaire. Pour bien comprendre, imaginez de petits coussinets remplis de liquide situés entre les os et les tendons pour éviter les frottements. Ces amortisseurs naturels s’appellent des bourses séreuses et lorsqu’ils s’enflamment, la machine humaine se grippe et la douleur s’installe.
Chez ma sœur, la cause était claire. En effet, elle s’est dévouée pour aider une cousine malade en portant des fardeaux lourds. Elle a cuisiné, nettoyé et transporté des ballots bien trop pesants pour une femme qui n’est plus une jeune fille. En voulant trop en faire pour les autres, son corps a fini par dire stop car l’effort a été brutal. Les symptômes ne trompent pas car on ressent une chaleur locale, un gonflement et une difficulté réelle à bouger l’articulation.
La souffrance invisible des déplacés et le passage par les soins.

Il y a quelques jours , j’ai visité un camp de déplacés dans une école à Beyrouth. Là, j’ai compris que ma sœur n’était pas un cas isolé. J’ai vu tant de femmes courageuses porter des poids énormes pour aider les hommes et compenser la dureté de l’exil. Elles souffraient de douleurs attroces à l’épaule et au bassin. De plus, dormir par terre sur des sols froids et durs aggrave terriblement ces inflammations.
Pour ma sœur, le médecin a dû prescrire des anti-inflammatoires et du Mucerol afin de détendre ses muscles totalement contractés. La cortisone a aussi été nécessaire pour éteindre le feu de l’inflammation qui l’empêchait de dormir ou de s’habiller seule. Ces médicaments sont essentiels durant la phase aiguë. Mais, ils ne peuvent pas tout résoudre si le repos n’est pas respecté. Je pense souvent à ces femmes déplacées qui n’ont ni le luxe du repos, ni celui des traitements pour calmer leurs articulations meurtries. Leurs corps sont les premières victimes de ce train de vie si dur et si injuste que nous voyons actuellement.
Soigner la bursite par l’assiette et la solidarité durable.
Heureusement, il existe des moyens de soutenir la guérison, même quand l’accès aux médicaments coûteux est difficile pour les plus démunis. Nous avons découvert que la nutrition joue un rôle fondamental pour réduire l’inflammation naturellement sans agresser l’estomac déjà fragile.

Pour aider le corps de ma sœur, nous avons privilégié les aliments simples comme le curcuma ou le gingembre frais. Ces épices agissent comme de véritables remèdes naturels lorsqu’elles sont consommées chaque jour dans une tisane ou dans les repas. Les poissons gras et les huiles de bonne qualité (olive et lin) aident aussi les bourses séreuses à retrouver leur souplesse et leur rôle.
À l’inverse, il faut absolument éviter le sucre et les produits trop transformés qui ne font qu’entretenir la douleur interne. Boire beaucoup d’eau reste le conseil le plus simple et le plus efficace pour drainer les toxines de l’inflammation. Manger des oeufs et des légumes verts frais (haricots verts et brocolis) est aussi une bonne solution.
Aujourd’hui, ma sœur retrouve peu à peu sa mobilité mais mon cœur reste tourné vers celles qui souffrent encore en silence.
