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Le Parc Güell; un coin idyllique

Le Parc Güell est l’un des rêves  de l’aristocrate, industriel et politicien Eusebi Güell. Il fait l’acquisition du terrain de la Muntaña Pelada en 1899 et décide alors d’y faire travailler Gaudi qui lui avait déjà construit divers édifices : le pavillon de chasse à El Garraf, la Finca Güell, le Palau Güella… 

Ce parc devait être un quartier résidentiel de haut standing, soumis à des règles très strictes côté surface, emplacement, hauteur des constructions et où les usages industriels interdits. Il serait fermé par des accès très contrôlés à l’image des compounds actuels. Mais, le terrain en pente d’environ 20 hectares pose problème; Gaudi décide alors, de ne pas terrasser le site, mais de soumettre l’architecture aux injonctions du paysage par un système ingénieux de viaducs, cavernes et ponts.

La grande innovation de ce chantier, c’est l’installation de la lumière, de l’eau, des égouts et du téléphone que Gaudi réalisa avant la mise en vente des parcelles.

Gaudi l’entoure par un mur au 7 portes d’entrée. Ce mur est en partie coloré, surmonté d’une forme ondulée, qui se blottit dans la moindre sinuosité du paysage de collines, ne faisant que reproduire les contours du sol et entoure la place du théâtre en formant un banc illimité, le plus long du monde peut-être.

Ce parc a été réalisé à partir de matériaux qui existaient en abondance sur le terrain, c’est-à-dire, une pierre naturelle de couleur ocre, d’une valeur médiocre d’où la nécessité de la recouvrir « d’une peau de céramique », imperméable à l’eau. La tour du pavillon est creuse à l’intérieur et les murs sont constitués d’une couche interne de brique de 40mm d’épaisseur et d’une couche de béton, armé de barres de fer, de 10mm d’épaisseur: c’est la première fois que Gaudi utilise ce matériau. Au dessus, on trouve encore 3 couches de tuiles et du ciment avec de la mosaïque. Tout cela est d’une grande solidité.

La mosaïque est partout présente, il y a une harmonie et une unité, qui donne l’impression de matériaux précieux et lumineux mais en réalité tout est bon marché. Gaudi se procure des déchets dans de bonnes fabriques de céramique, des débris et éclats qu’il fait appliquer dans le mortier encore mou. L’entrée principale est encadrée par deux petites maisons qui rappellent les contes de fée. Ces deux édifices étaient prévus comme logement du concierge et bâtiment des services administratifs de la cité.

L’escalier extérieur qui marque l’entrée principale est en deux parties séparées par une grande platebande délimitée par des murets de pierre bas et comprenant des sculptures organiques en pierre formant trois fontaines : la première est une cascade, la seconde est un serpent et la troisième est un gigantesque dragon décoré d’écailles multicolores. Ce dragon est au fait gardien des eaux souterraines, ce qui fait allusion à la citerne de 12000 litres qui se trouve derrière où sont collectées  les eaux de pluie. Au centre, une sorte de « place de marché », considérée comme un point de rencontre pour tous les habitants mais aussi un lieu propice aux représentations théâtrales ou folkloriques : la salle hypostyle de 86 x 40 m, composée de plus de 90 colonnes évoquant le style dorique, de l’art classique hellénique. Cette salle est aussi décorée d’un plafond en fragments de céramiques. De ce plafond, on suspendait de grands lustres pour les fêtes nocturnes organisées par Güell.

En ce qui concerne la circulation, Gaudi sépare celle des piétons de celle des voitures, en créant pour les piétons, trois viaducs à différents niveaux de terrain: le pont de Baix, le pont du Mig et le pont de Dalt. Ces trois viaducs évitent aussi l’aplanissement du terrain et Gaudi en fait des constructions aux allures totalement naturelles ; les colonnes sortent directement du sol, tels des troncs d’arbres se terminant par des chapiteaux qu’on imagine comme des branches de palmier ou de gros champignons. Sur ces ponts, des jardinières sont incrustées dans la rambarde, ce  qui dissimule les viaducs dans la végétation du parc. Gaudi a pour maître mot de ne pas imiter la nature dans son architecture mais de construire quelque chose qui se conforme à la nature.

Enfin, on peut souligner les références religieuses qui ponctuent le parc : un rosaire de pierres formé de 150 grosses boules bordant les chemins du parc, et invitant ainsi le visiteur à la méditation tout autant qu’à la promenade (cette « voie sacrée » devait conduire à une chapelle au sommet du parc, qui resta à l’état de projet) , la croix à quatre branches orientées vers les points cardinaux, qui couronne le toit du bâtiment administratif, sur certaines céramiques du banc, on trouve des inscriptions interprétées comme des louanges à la Vierge.  Aujourd’hui, le Park Güell n’est plus ce projet urbaniste auquel avaient rêvé Güell et Gaudi, plutôt il représente un poumon vert respirant la couleur et la lumière pour les habitants de Barcelone et les touristes.

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