Souraya Mon Amour : la tendresse du souvenir à fleur de peau.
Il est des films qui ne racontent pas seulement une histoire, mais une vie suspendue entre mémoire et lumière. Souraya Mon Amour, réalisé par Nicolas Khoury, est de ceux-là.
Ce documentaire libanais, d’une durée de 77 minutes, explore la beauté poignante d’un amour qui continue de danser malgré l’absence.

Souraya Mon Amour : une histoire née entre danse et cinéma.
Le film nous plonge dans l’univers intime de Souraya Baghdadi, danseuse et actrice, veuve du célèbre cinéaste Maroun Baghdadi. À travers des archives, des conversations enregistrées et des instants d’introspection, Souraya Mon Amour revisite un amour qui a marqué le Liban culturel.
Tout commence à Beyrouth en 1981, pendant le tournage du film Little Wars. C’est là que Souraya rencontre Maroun. De cette rencontre naît une histoire d’amour et de création, interrompue brutalement en 1993 par la mort tragique du cinéaste, alors que Souraya attendait leur troisième enfant.
Trente ans plus tard, la caméra revient à elle. Ce n’est plus une actrice qui joue, mais une femme qui se dévoile, lentement, dans une chorégraphie d’ombres et de lumière. Le film devient un dialogue entre passé et présent, entre corps et mémoire, entre ce qui fut et ce qui persiste.

Une production à la fois intime et universelle.
Souraya Mon Amour n’est pas un documentaire classique. Il est né d’une rencontre inattendue entre le réalisateur et Souraya, après une projection d’un film restauré de Maroun Baghdadi à Beyrouth. Séduit par la grâce et la force tranquille de Souraya, Nicolas Khoury entame une correspondance filmée avec elle. Ces échanges deviennent le cœur du projet : une conversation sur l’amour, la perte et la résilience.
Produit par Jana Wehbe et The Attic Production, en collaboration avec Aya Al Blouchi, le film bénéficie du soutien du Doha Film Institute, de l’Afac, et de Culture Resource.
La direction artistique et le montage transforment les archives personnelles en un récit universel sur le deuil et la renaissance. Rien n’est figé : chaque plan respire, chaque silence parle.
Une héroïne entre grâce et vérité.

Souraya Baghdadi, née à Beyrouth d’un père libanais et d’une mère autrichienne, incarne ce pont entre Orient et Occident. Danseuse étoile de la Caracalla Dance Company, elle a brillé sur les plus grandes scènes, de New York à Paris.
Dans le film, elle ne danse plus pour séduire, mais pour se reconstruire. À travers le mouvement, elle retrouve sa voix, son souffle, et redonne vie à l’amour perdu.
Souraya Mon Amour : une œuvre signée Nicolas Khoury.
Réalisé par Nicolas Khoury, cinéaste libanais primé pour Fiasco et Resonances, le film s’inscrit dans une œuvre marquée par la mémoire et la quête identitaire. Khoury filme ici la lente guérison d’une femme et, à travers elle, d’un pays encore meurtri. Son regard est bienveillant, son style délicatement poétique.
Un hommage à Maroun Baghdadi.
En filigrane, plane l’ombre lumineuse de Maroun Baghdadi, figure majeure du cinéma libanais. Son œuvre, marquée par la guerre civile et l’humanité, reste une référence. Souraya Mon Amour lui rend hommage, mais surtout, il offre à Souraya la liberté de raconter son histoire à elle.
Un film d’émotion et de renaissance.

Avec sa mise en scène subtile, sa photographie soyeuse et son rythme méditatif, Souraya Mon Amour transcende le documentaire pour devenir une expérience sensorielle. On y entre comme dans un rêve, entre larmes et lumière, entre archives et vérité. C’est une ode à la mémoire, mais aussi à la vie, à ce qui continue d’aimer, malgré tout.

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